En ce denier jour de "semi-tolérance" et de soleil radieux, je ne pouvais pas ne pas partir sur les hauteurs de l’Aubisque pour faire ce splendide chemin de crêtes. Nos cœurs suffisamment alourdis par les restrictions quotidiennes, demandent de la douceur et de la légèreté. Ici tout nous élève, tout nous soulève tel ce vol du milan royal qui plane au-dessus de nos têtes. Dans sa solitude dynamique l’oiseau guette une petite proie. Il lui faut gagner des forces avant le retour du froid.

Des jardins naturels de jonquilles, d’iris aussi, fleurissent abondamment sur ces pentes douces du sud. L’astre diurne rond, diaphane, irradie comme une étoile de printemps. Dans cet état aérien, les miasmes s’évaporent. Les yeux levés au ciel, tout là-haut, tout là-haut, embrassent le calme le plus énigmatique : celui du conscient de soi.