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L’image que nous avons de nous-mêmes, que nous portons, nous préoccupe au quotidien ou presque. Quel est donc ce besoin qui nous force à être dans cette relation d’interdépendance avec le regard d’autrui ? Une pulsion narcissique éternellement insatisfaite, qui ne rencontre pas ou ne peut pas trouver son objet ? Une nécessité fondamentale pour la constitution de notre moi ?

Sans doute est-ce dans cette mise en miroir, cette mise en abime aussi, que se développe chaque subjectivité. Pour autant, cette co-appartenance au monde dans et par l’intersubjectivité ne doit pas être un renoncement à sa propre autonomie, qui laisserait  place alors à la souffrance et à la désaffection de liens primordiaux.

Sans doute faut-il percevoir le regard d’autrui comme une orientation toujours singulière, avec sa sensibilité, avec ses penchants qui eux-mêmes renvoient à d’autres subjectivités, à d’autres modalités d'être-au-monde, et ce à l’infini.

De fait, cette rencontre inévitable avec le monde, avec autrui me permet de me constituer comme un moi et détruit toute illusion solipsiste. Mais, la question revient avec plus d’acuité lorsque l’on vit cette relation sous le mode d’une addiction consciente ou pas de la vision d’autrui sur "ce" que je suis.

Le désir accru de re-connaissance empêche toute re-naissance ou émergence du soi, car il est alors vécu sous le mode passif et non actif du sujet. Dans cette acception bien comprise, qui atteste de ma véritable existence, moi ou autrui ? Impropre moi que celui façonné et décidé par autrui.