( Photo de Démocrite non libre de droits)

Chaque jour, je me propose de faire une marche plus ou moins longue dans les sous-bois de « ma » campagne. C’est toujours un plaisir et une redécouverte de cette clairière avec ses prémices printanières qui cueillent chacun de mes pas.

La nature ne m’a malheureusement pas dotée d’une vision perçante mais d’une ouïe « exceptionnelle » selon les spécialistes. Elle a ses inconvénients (ceux de trop entendre presque tout dans certains lieux) mais aussi ses avantages, comme ceux de percevoir les chants d’oiseaux, le bruissement des feuilles, le soulèvement de la neige à des altitudes improbables avec une rare acuité.

La musique des éléments, avec son cortège de notes, donne à mes promenades des airs de gaité. Je réalise ma chance incroyable de pouvoir entendre le chant de la terre en dehors de tous les désordres et conflits actuels.

( Milan royal : Démocrite : photo non libre de droits)

Les sonorités précèdent toute pensée. Elles la conduisent subrepticement vers un au-delà des heurts et des tensions que notre société porte en elle. Sans doute suis-je happée par cet inter-monde de la tranquillité de la feuille qui jonche le sol, par ce vol d’un oiseau profitant des ascendances pour se laisser planer. Je ne résiste pas.

Je me laisse envahir par ces éléments qui rétablissent et ensemencent un oubli fondamental : celui de l’appétit de vivre.