19 novembre 2014

Sisyphe

    Sous cette nuit étoilée, j’ai quitté la ville et ses tribus d’animaux grégaires, pauvres citadins en déroute. La rue est assourdissante. Je passe devant ces restaurants où s’agitent ces groupuscules d’humains, ils mangent, rient, boivent et se remplissent la panse jusqu’à plus faim. Mieux qu’au théâtre, chacun joue son rôle, ils cherchent leur triste pitance.Scènes de vie. Les élans naturels reviennent au grand galop inévitablement : séduire pour exister, séduire pour être aimé toujours davantage : Ô... [Lire la suite]
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30 septembre 2014

Le Pli

  Le roseau plie mais ne rompt pas. Sa courbe n’est-elle pas belle, gracieuse, élégante et chic ? Souvent le pli nous froisse, nous égratigne, nous titille dans nos propres pensées, mieux dans « nos »pensées « propres » bien arrangées, bien agencées, sans boursouflures aucune. Tout doit être bien lisse, sans faux pli, sans vague à l’âme, sans cannelure..  Arrondissons les angles, bassesse que sont tous ces bas-reliefs au regard du bien-pensant! Gardons l’idée de joliesse du relief... [Lire la suite]
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25 septembre 2014

Le naufrage

          Lutte pour la vie : naufrage (Henry-Eugène Delacroix) Par volonté, nous dit ce cher Arthur, il ne faut pas comprendre : « faculté de pouvoir se déterminer à faire ou à ne pas faire » (avoir de la volonté) ou encore « intention de faire quelque chose » mais : une volonté sans intelligence, un désir aveugle, irrésistible « telle que nous la voyons se montrer encore dans le monde brut, dans la nature végétale, et dans leurs lois, aussi bien que dans la partie végétative de notre propre... [Lire la suite]
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10 septembre 2014

Le choix

Face à une situation extrême nous avons toutes et tous une manière singulière d’habiter et d’habiller nos choix. Dans cette acception et cas de figure singulier, les notions classiques de bien et de mal, de bon ou de mauvais « choix »se télescopent aisément, au point qu’elles sapent tous repères, tous référentiels habituels. Les valeurs d’usage se disséminent au bénéfice d’une cohérence subjective interne qui nous dépasse et nous surprend en ceci même qu’elle développe en nous des cogitations hors norme. La préférence... [Lire la suite]
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01 septembre 2014

Le mot

J’ignore si c’est le mot qui me porte ou si c’est moi qui porte le mot. J’écoute sur des ondes un discours en langue étrangère, je ne comprends pas la teneur de ces propos. Pour autant, j’entends des sons avec cette singularité d’un dire qui bruite comme phonème et provoque simultanément un émoi, un retentissement. Le mot prononcé, chanté, vociféré, chuchoté, susurré déploie la résonance du silence. Il a généreusement oublié la quiddité de son essence purement conventionnelle, celle là même qui désire tout dire,  tout... [Lire la suite]
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08 août 2014

L'Aragon

  Celui qui prétend faire tel ou tel sommet de montagne ne parvient qu’à se défaire en réalité. Consommateur de paysage, fausse possession et dépossession de soi. Quelle prétention ! Il y a encore quelques heures, je marchais dans ces contrées où jadis mes aïeux échangèrent des instants de vie, rythmés par ces cloches des vieilles églises qui tintinnabulent jusqu’au changement de jour des villages aragonais hauts perchés..Tantôt, nous nous décidâmes d’effleurer de nos petits pas d’humains la peau du Grand... [Lire la suite]
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25 juillet 2014

Être Majeur

  Autrefois, il fallait attendre d’avoir 21 ans pour être majeur, aujourd’hui nous voilà « mûrs » beaucoup plus tôt : à 18 ans en France, voire même dans d’autres pays comme en Argentine, en Allemagne, en Autriche, précocité oblige d’esprits prodigieux n’est-ce pas,  dès l’âge de 16 ans qui dit mieux ? Ah, l’évolution des espèces ! « Me voici majeur : génial, super, enfin ! » Oui, mais au fait, pour quoi faire ? Question stupide voyons, je vais pouvoir travailler, je dispose... [Lire la suite]
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10 juillet 2014

Des-espérer

"Qui cesse d'espérer, cesse aussi de craindre". (François de Malherbe). Ce qui promptement anime la crainte ne serait-ce pas la disparition de l’accomplissement de possibilités estimées les plus désirables pour soi ? Au bout du compte, il s’agit toujours et encore de soi, même si on ose prétendre que l’on se soucie de l’autre. Bagatelle et sublime tromperie que celle de l’âme humaine qui prétend déployer vers l’être aimé une pensée ou un élan altruiste. Ces pensées souterraines animées par quelques actes volitifs sont... [Lire la suite]
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20 juin 2014

Message

  Chères lectrices et chers lecteurs, Certains d’entre vous s’inquiètent de ma "bonne" santé à la lecture de mes deux derniers articles.  Je tenais donc à vous rassurer, je continue à vivre de joyeux moments,  simplement j’observe autour de moi des attitudes, des paroles, des regards qui en disent long sur la nature des relations humaines. Une forme de désenchantement ou de réalisme forcené : peut-être … Pour autant, ce que je sais avec certitude, c’est que mes pas ne foulent plus le sol d'une terre... [Lire la suite]
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17 juin 2014

Désolation

« La lâcheté tend à projeter sur les autres la responsabilité qu'on refuse » de prendre. Etrange nature humaine que celle-ci qui vocifère à qui veut l’entendre son courage d’assumer sa singularité au détriment de toute bonne foi. L’affichage et la publicité de la bonne conscience flattent et gonflent les egos. Pour autant, personne n’est dupe de ce petit jeu pervers : perversion à l’égard des autres mais surtout à l'égard de soi-même : plus on se sent admiré plus on existe, hum, foutaise que tout cela ! Les... [Lire la suite]
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