13 avril 2014

Murmure

Je me promenais dans ces bois odorants, terriblement familiers. Sous mes pieds, s’ouvrait  un chemin de terre avec quelques galets que les élans du gave jadis enragés, expulsèrent de son lit de sables mouvants. La forêt est un état d’âme, elle vous enveloppe d’une humeur tantôt automnale, estivale ou printanière. Le lierre étreint amoureusement l’écorce d’un chêne au branchage auguste et solitaire : un arbre majestueux au sépulcre ignoré. A son pied, des fleurs fines, mousseuses et délicates protègent ses rhizomes où... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 14:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

02 avril 2014

Le cri

J’ai commencé si tard, il y a quelques années à peine, à aimer vraiment le monde «  Amor mundi », à aimer certaines personnes aussi qui rayonnent et me donnent la joie de vivre. En retour, j’ai donc fini par m’apprécier d’une certaine façon à défaut de me déprécier comme ce fût longtemps le cas, c'est-à-dire à me sentir bien avec moi-même… Tous les chagrins sont supportables si on en prend juste sa part et si l’on décide que l’autre pan ne nous appartient pas. Il n’y a là, chers lecteurs aucune prétention, aucune... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 10:12 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
18 mars 2014

Les maux sous les mots

Je tourne et me retourne dans mon lit, malgré l’heure tardive le sommeil ne vient pas, non c’est impossible. Des images, des mots traversent et parasitent mon esprit. Cela recommence, encore et toujours, peut-être suis-je malade ? Pourquoi ne me laissent-ils pas tranquille ? Je les repousse, je les exhorte d’aller chahuter d’autres consciences, mais rien à faire, ils m’envahissent. Ici, tout le monde dort, sauf moi petite fille « somnambule » de onze ans. Je dois écrire, il le faut, ce tintamarre sous mon crâne... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 20:43 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
05 mars 2014

Les portes de l'Aragon

(Photo de Démocrite : Haut Aragon fev 2014)   Au soleil couchant, ces ocres rouges flamboient Ils parent Los Mallos d’organdi de soie Une brise enlace ces géants de grès Vertige des hauteurs, scrute nos Pyrénées…
Posté par Sibyllinne à 10:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,
14 février 2014

Petite âme

Ma chère petite âme, C’est du bord du monde que je t’écris. Tu as longtemps traversé cette vie dans un immense paysage, gelé, glacé, recroquevillée sur toi-même. Il fallait pour survivre t’inventer un monde, celui là même qui te protègerait et te laisserait tomber dans l’oubli et la paix des tiens. J’aurais voulu que l’on t’aime avec toute cette force et cette fragilité qui se heurtent dans ce corps frêle, singulier, parce que ces forces ou ces tensions ne sont peut-être pas si laides pour celles et ceux qui osent et savent les... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 15:49 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,
07 février 2014

Saisissement

(Photo de Démocrite : http://clinamen.canalblog.com/ ) Être présent au spectacle à l’instant même où il surgit, c’est l’art du photographe. La dualité du sujet et de l’objet s’évanouit, irisée ici par l’éclatante lumière azuréenne : naissance de l'esthète.. C’est en "particules poétiques" que flottent et se dessinent quelques grains argentés contrariant le solstice d’hiver. Ephémère puissance d’épousailles a - morphiques de gouttelettes d’eau. Elles échevellent les crêtes, taquinent les sommets. Le ciel bleu et son étrange... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 10:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

06 février 2014

Insignifiance

    « Le vrai contact entre les êtres ne s'établit que par la présence muette, par l'apparente non-communication, par l'échange mystérieux et sans parole qui ressemble à la prière intérieure » (De l'inconvénient d'être né (Cioran)) Le signe linguistique est une menace pour la compréhension de l’être-au-monde, parce qu’il nous ramène précisément à la dualité de toute représentation, c'est-à-dire à des pensées secondes, toujours a posteriori. Le couple signifiant-signifié érige une forteresse de la pensée tissée... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 16:44 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,
04 février 2014

L'étoile

Il y a si peu de gens qui aiment les paysages qui n’existent pas. (Fernando Pessoa). En silence, ils s’envolent à la rosée du matin, réapparaissent dans la lumière noire de la nuit. Leur musicalité, celle d’une eau brûlée ruisselle dans mes veines, irrigue mon imagination d’un petit fluide lustral. Sables mouvants de mon enfance, aux archétypes fondamentaux agités, intranquilles. Tourbières d’outre-tombe, je vous laisse là bas pousser au fond du monde. Si l’eau mêlée de nuit est un remords ancien qui, souvent ne veut pas dormir,... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 16:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
28 janvier 2014

Horizon

  Seule, je marchais tantôt sur quelques crêtes de montagne aimées, choisies par un élan du cœur irrépressible. Les nuages et le soleil se frottent, s’acoquinent, puis se séparent en prenant l’ascendant et ce, dans l’alternance la plus énigmatique. Un milan royal plane, tournoie dans les airs, splendide ! Splendide !Je grimpe seule, avec ce rythme inimitable qui caractérise ces tempéraments faussement lymphatiques. La montagne me connaît, me reconnaît et je sais qu’avec elle je n’ai plus rien à craindre. Que valent... [Lire la suite]
Posté par Sibyllinne à 11:21 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,
24 janvier 2014

Altitude

Les nuages cendrés, gris perle et gris foncés circulent à hauteurs d’homme …Dans leur ballet aérien, ces compagnons de l’azur cernent,enchâssent aussi parfois le sentier emprunté par le marcheur solitaire. Au loin quelques prémices hivernales disputent sans violence les blandices automnales. C’est vers elles que se dirige l’esthète. Ce Prince des hautes terres côtoie les éléments. Le voyageur s’enchante de ces lointains : plateaux des altitudes.. Le végétal se tait, respire la sensualité de lignes sans partage...
Posté par Sibyllinne à 11:27 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,