03 mars 2016

Danser...

  On ne sait pas ce que peut un corps. Celui du danseur s’approprie l’espace, il le dessine, le fait vibrer aussi. Si Nietzsche voit en Dionysos la plus belle figure du danseur, c’est probablement parce qu’au moment même où le corps explore l’espace, il nous rend léger et sourd aux miasmes de la foule désenchantée. Le corps dansant, dans son jeu de forces défait toute conscience fatiguée d’inquiétantes turbulences ou de fausses postures. Librement en proie à de nouvelles intensités, le corps déstratifié cisaille la... [Lire la suite]
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17 février 2016

MARTIN-PÊCHEUR

Au temps où j’écoutais mûrir les pêches sur les coteaux, je sentais le soleil caressait les pétales de roses. Dans ses légères cascades, le ruisseau accompagnait les plongées verticales, à pic des martins-pêcheurs. A chaque battement d’ailes, des trilles orange s’évaporaient vers l’azur. Sa courte vie, faite de circonvolutions aériennes ou subaquatiques emporte ce petit être dans des mouvements juvéniles. Il a la légèreté de l’envol, celle d’une fine brindille qui résiste à la force d'Eole dans une belle éloquence, hélas... [Lire la suite]
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16 février 2016

Destination

Chers lectrices, chers lecteurs, je reçois quelques mails de façon individuelle à propos de ce message intitulé « Coup », je tenais à préciser que toute ressemblance avec des faits réels serait une coïncidence  purement fortuite. Pour autant, je remercie celles ( Petit clin d'oeil à Françoise en particulier) et ceux qui m’ont donné et quelquefois de façon très philosophico-poétique un beau retour épistolaire. Mes vacances approchent et je m’en réjouis. Je réalise toujours avec autant de plaisir cette chance que... [Lire la suite]
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15 février 2016

COUP

Comment peut-on s’estimer si on ne se respecte pas au regard de ses convictions, de ses goûts, de ses penchants de ce que l’on aime faire éclore sans forclore, juste là, à fleur de l’être. La confiance en soi somme toute toujours très relative prend souvent des années avant de pouvoir s’installer et sculpter quelques jolis maillons d’orfèvre. Le bijou reste toujours à sertir. Quelquefois, l’autre fait irruption, tente de s’immiscer sans savoir, sans même connaitre ce dont il retourne, puis martèle, pointe du doigt, assène. L’enfant... [Lire la suite]
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09 février 2016

Sibylle

Difficile de pouvoir « se conduire » dans la vie lorsque des inclinations sinon opposées pour le moins différentes vous animent. Ecartelée entre l’inspiration philosophique et l’inspiration poétique, je me suis souvent demandé à quelle sensibilité je devais me soumettre le plus heureusement. L’argument le plus fort est celui de la qualité de mon adhésion au monde, plus précisément à ce caractère fécond qui provoque quelques élans intenses de jubilation. De fait, c’est là mon sentiment, l’acte poétique est celui qui me... [Lire la suite]
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27 janvier 2016

LE VISAGE

Possédons nous vraiment un visage au sens où celui-ci est ce que l'on présente à autrui, ce qui est vu ou bien encore comme son étymologie grecque nous le suggère (prosôpon) : comme ce qui se tient devant les yeux d'autrui, ce que l'on montre aux autres. Notre visage en dit peut-être « long » pour l’autre mais reste muet pour soi. Il est simultanément ce qui voit et ce qui se fait voir sans pou-voir se regarder. En effet, mon miroir ne me dit rien, il me fige, se contente de circonscrire les contours de ce masque... [Lire la suite]
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25 janvier 2016

CHIASME

  ( El Pazino- Dimanche 24 janvier 2016)   Loin du réel avili par les foules de touristes agglutinés dans les stations, je goutte à 1965 mètres d’altitude aux couleurs hiémales et printanières à la fois. Faut-il le reconnaitre, la marche vous délivre de toutes ces écailles quotidiennes qui souvent vous hérissent, vous blessent aussi. Les altitudes vous grisent…Sur ce sommet, j’écris avec la plume d’un vent azuré qui flotte, effleure la surface immatérielle du vélin. Les mots tournent en farandole de syllabes dans ma... [Lire la suite]
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07 janvier 2016

Percevoir

Que pensons-nous percevoir vraiment ? Cet acte que nous croyons être un acte banal est probablement le plus énigmatique. Lorsque je perçois autrui en tant qu’être percevant et être perçu, jusqu’à la vision de la chose perçue par autrui qui se dédouble lorsque je décide de m’y attarder, nous pouvons nous interroger sur la nature de ces images qui heurtent ma rétine. Ont-elles seulement une consistance ? La chose perçue se déplace, se modifie sans cesse d’une certaine façon, elle est donc toujours latente. De plus, comment... [Lire la suite]
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06 janvier 2016

Lycène

« Dans les heures heureuses, nous connaissons une rêverie qui se nourrit d’elle-même, qui s’entretient comme la vie s’entretient. » (Gaston Bachelard). D’aucuns souvent me taxent de rêveuse, d’être planant dans une forme d’imaginaire, oui peut-être, j’en conviens volontiers. Pour autant ce déplacement d’intérêt, cette modification du niveau de conscience me permet de voyager de façon très singulière au sein du réel que je perçois avec mes sens, mon ouïe hyper développée, mes grands yeux qui s’écarquillent, s’étonnent... [Lire la suite]
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04 janvier 2016

La reliance

C’est en naissant que jaillit la liance : un don que l’on nous fait mais que nous n’avons pas demandé. Au fil des années, nous devons semble t-il inscrire cet acte dans un mouvement perpétuel de "re-liance"parce que vivre seul (e) dans le monde, cela n'est pas pratiquable. Qu’est-ce qui fonde la « reliance » entre les êtres ? Probablement la reconnaissance d'abord de notre propre solitude éprouvée, puis résolument acceptée au contact de l’autre solitude avec ses différences, ses aspérités, ses rondeurs... [Lire la suite]
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